Radio X – Je suis un jambon…

Radio Poubelle

Bon.  Assez c’est assez.  Ceux qui me connaissent et me lisent sur mes autres blogs vont trouver le ton un tant soit peu différent.  Ce premier article sur un blog tout neuf sera aujourd’hui consacré, non pas tant à l’analyse en profondeur du phénomène radiophonique, mais bien à répondre à ses détracteurs.

Non, je ne vais pas employer des termes tels que “gau-gauche” ou “communiste”.  Bien que je me considère moi-même comme étant quelqu’un qui dévie vers la droite (car c’est bien ce que nous sommes, des “déviants” non?), je considère que tout le monde a droit à son opinion.  Et non, je n’endosse pas tout ce que les gens qui se targuent d’être à droite disent ou prônent, mais je dois dire que j’aime le nouveau débat qui commence à prendre forme au Québec.  De fédéraliste / séparatiste, nous passons au débat droite / gauche.  Je dois dire qu’il était temps…

Mais je m’éloigne de mon sujet:  les radio “poubelles”.

Je vis au Saguenay.  Ici, la diversité radiophonique est pratiquement inexistante.   Bien sûr, je pourrais écouter la radio sur Internet, mais je l’écoute dans ma voiture la plupart du temps.  Et depuis environ 1 an, je ne syntonise qu’une seule chaîne.  Le 95,7.

Je m’en confesse.  Je suis un “jambon”.  Bien sûr, je pourrais écouter Énergie.  La bande du matin qui parle de Lady Gaga et des derniers potins d’Hollywood, qui reçoivent des invités sans jamais remettre en question une virgule de leur discours, qui discute de la dernière course folle de Richard Courchesne en bobettes sur la St-Do. Le midi qui tourne en boucle les “succès” musicaux de Star Académie, ou les Grandes Gueules dont je m’abstiendrai de commenter l’humour…

Je pourrais aussi écouter Rock matante (je crois qu’ils ont changé de bannière, Rouge FM, mais sans changer de contenu… Bref, on a habillé la matante avec une jaquette rouge…).  Mais cette radio non plus ne me rejoint pas.

Et puis, de toute façon, je n’écoute pas de musique à la radio… J’ai mon iPod sur moi en permanence et mon travail me permet d’écouter ma musique préférée toute la journée.  Quand j’écoute une radio, je veux être informé, je veux entendre des opinions (qui divergent parfois radicalement des miennes, mais qui ont le mérite de me faire réfléchir), je veux des animateurs sans censure, sans “ligne de parti”, je veux des invités à qui l’on pose des questions que j’aurais aimé poser et qui ne se présentent pas simplement pour faire flatter leur égo ou pour promouvoir leur dernier  album.  Je veux qu’on me pousse à me questionner, je veux qu’on bouscule mes opinions, je veux entendre autre chose que la pensée unique au Québec, je veux ne pas me sentir seul au monde à penser que les lockoutés d’Alma se tirent dans le pied, je veux savoir que je ne suis pas un débile léger en pensant que Star Académie c’est du Kraft Diner au caviar, je veux qu’on arrête de me pousser des chansons qui, pour quelques unes me plaisent mais dont les Grandes Gueules ont modifié les paroles, je veux qu’on arrête de me prendre pour un imbécile de ne pas trouver génial un concours qui me demande de nommer le grand gagnant de l’édition 2002 d’Occupation Double ou de faire ma plus belle imitation de “ti-rouge”.  Je veux entendre des gens, avec leurs qualités, leurs défauts et aussi leurs tords.  Je veux parfois me dire en les écoutants:  “Maudit que c’est vrai ça…” mais aussi souvent:  “Pardon?  Pousse mais pousse égal!”.  Je ne suis pas toujours d’accord avec les propos de Monette, de Morais, de Dom Fortin ou de PY.  Mais ils ont une chose en commun:  ils ne me laissent que rarement indifférent.  Et c’est ce qui me plait à Radio X.

Depuis quelque temps déjà (ça a commencé avec CHOI à Québec), plusieurs artistes et journalistes cassent du sucre sur le dos de ces radios et animateurs “différents”.   C’est devenu à la mode de se joindre à la croisade contre Radio X.  On peut dire n’importe quoi contre ses animateurs, les traiter de tous les noms, leur prêter des intentions nazies ou criminelles, les traîner dans la boue.  Non seulement, quand c’est dit contre Radio X et ses animateurs, c’est louable, c’est même encouragé.  Il suffit de lire le texte de Simon Jodoin pour se rendre compte à quel point Radio X dérange… Le ton condescendant utilisé dans cet article est non seulement flagrant, il s’adresse en grande partie non pas aux animateurs, mais bien aux auditeurs… Comme si ceux-ci étaient tous des incultes, ignorants et moutons, incapables de se forger leur propre opinion.  On parle même parfois du “danger” de conserver une radio qui déblatère autant.

Un danger pour qui?

Pour la pensée unique?  Pour le corporatisme syndical?  Pour la job de Mitsou à la radio?  Pour l’éducation de nos jeunes?

Avoir une autre opinion n’a jamais été un danger dans une société. C’est même une bonne chose.  Qui plus est, l’auditeur aura toujours le choix de changer de poste si le discours qu’il entend ne lui convient pas.  Je ne me pose pas en spécialiste.  Mais j’ajouterai que l’offre médiatique au Québec étant tellement restreinte, malgré le fait que je ne sois pas toujours d’accord avec ce qui se dit à Radio X, je continue de penser qu’ils ont leur place dans le paysage radiophonique francophone.  Et je continuerai, n’en déplaise à messieurs Simon Jodoin ou Patrick Lagacé.